Saturday, August 15, 2020

L'histoire d'un chirurgien sur l'impact gratifiant de la chirurgie plastique





Chaque matin, le Col Dr Charles Furaha se réveille avec le désir de changer encore une autre vie.

En tant que chirurgien plasticien, il a eu à faire de la restauration, de la reconstruction et de l'altération du corps humain. Les cas dont il s’occupe sont entre autres les abdominoplasties, les liposuccions, les réductions mammaires, la thermocoagulation des points noirs du visage, etc…

Il fait cela depuis neuf ans, et prendre soin de ses patients et les voir contents est ce qui le soutient dans l’exercice de cette profession perplexe. 

Col. Charles Furaha :

« Rendre les gens heureux grâce à la chirurgie est très gratifiant et contribue beaucoup à rendre mon travail et ma vie plus faciles et plus réjouissants. »

Devenir chirurgien

Dr Furaha a adoré la chirurgie dès sa formation de premier cycle et il attribue cette passion à son intérêt pour la construction et la fabrication d'objets avec ses mains depuis son jeune âge.

Dr Furaha est le premier chirurgien plasticien au Rwanda. Photo offerte gracieusement.

Il pense que c’est le mélange en lui d’une dose d’ingénierie et d’art dans son esprit et l'amour pour la chirurgie qui l'ont attiré vers la chirurgie plastique comme profession.

« J'ai réalisé que c'était la spécialité qui correspondait le mieux à ma personnalité. »

Le chirurgien a reçu sa formation à l'Université du Witwatersrand, en Afrique du Sud et travaille maintenant à plein temps à l'hôpital militaire du Rwanda.

Bien que la chirurgie plastique soit encore une chose relativement nouvelle au Rwanda, le médecin affirme qu'elle a jusqu'à présent été très bien accueillie par ses collègues et de nombreux patients car elle a apporté des réponses à de nombreux besoins jusqu'alors non satisfaits.

Actuellement, plus de 95% des actes chirurgicaux qu'il effectue sont des procédures de reconstruction (une opération visant à corriger une anomalie ou une déformation).

         Dr Furaha (C) lors d'une opération la semaine dernière. Photo offerte gracieusement

Il fait également des opérations de chirurgie esthétique, mais il précise qu’elles sont encore peu nombreuses, bien qu'il espère pouvoir en faire un peu plus dans un avenir proche. 

« Parmi les chirurgies reconstructives que je pratique, la plupart d'entre elles concernent le traitement des plaies difficiles, des brûlures, des fentes labiales et palatines, la reconstruction des parties du corps excisées par les chirurgies cancéreuses ou les blessures post-traumatiques », révèle-t-il.

Son opération la plus difficile à ce jour consista à réimplanter une main coupée par une machine. Il lui fallut plus de 12 heures pour le faire.

Alors que reconstruire un corps humain est risqué, le médecin soutient que pour assurer de bons résultats, il faut de la précision et un dévouement à la perfection.

« Reconstruire le corps de quelqu'un n'est pas plus risqué que tout autre type de chirurgie majeure. Comme dans n'importe quel domaine de la vie, pour obtenir d'excellents résultats, il faut planifier à l'avance, savoir ce qu'on fait et avoir la volonté de le faire de son mieux », note-t-il.

La chirurgie plastique est plus qu'une tendance 

Les gens souhaitent toujours paraître aussi avantageusement qu’ils le peuvent pour de nombreuses raisons. Parfois même pour des raisons auxquelles beaucoup de gens ne penseraient pas, comme se donner les meilleures chances de garder leur emploi le plus longtemps possible, explique le chirurgien.

Dr Furaha pense que si la chirurgie plastique consiste davantage à donner une belle apparence à une personne, elle la redynamise et lui donne confiance en elle-même.

« Comment pensez-vous qu'un garçon à la poitrine mamellée se sent ? À quel point se sentirait-il revigoré si la possibilité lui était offerte de subir une intervention chirurgicale qui lui donnerait la même poitrine plate que ses semblables ? Les malformations congénitales et acquises peuvent être très stressantes pour un être humain. Les corriger s'accompagne généralement d'un soulagement et d'une satisfaction pour le patient », dit-il.

« Le nec plus ultra pour moi c’est la correction des fentes labiales. La majorité des enfants ayant une fente labiale non corrigée n'iront pas à l'école et même s'ils y vont, le risque est grand qu’ils la détestent et n’arrivent pas à étudier comme il faut à cause des brimades des autres écoliers. Chaque fois que je corrige la fente labiale d'un bébé, je sais que je lui délivre un passeport pour aller à l'école ainsi qu’une opportunité d'être le meilleur qu’il ou elle puisse être dans son avenir. C'est dopant ! Soit dit en passant, les actes chirurgicaux sur les fentes labiales et palatines sont gratuits pour les patients à l'hôpital militaire du Rwanda. »

Selon le docteur, les interventions chirurgicales esthétiques les plus populaires dans le monde sont l'augmentation mammaire, la liposuccion, l'abdominoplastie, le remodelage du nez et la vaginoplastie.

Le médecin encourage ceux qui souhaitent subir ces opérations de faire le pas et leur assure des tarifs abordables pour le service. Il affirme que le coût de ces chirurgies est assez similaire à celui des opérations pratiquées dans d'autres domaines de la chirurgie. 

« Les gens pensent à tort que la chirurgie plastique est très chère uniquement à cause du battage médiatique qui l'entoure dans l'industrie du showbiz. Même aux États-Unis, les neurochirurgiens, les chirurgiens orthopédistes et les cardiologues sont susceptibles de gagner plus que les chirurgiens plasticiens. »

Les effets secondaires possibles

Les cicatrices chirurgicales sont très courantes en chirurgie plastique et peuvent parfois mal tourner. Néanmoins, le médecin souligne qu'il n'y a pas de chirurgie ou de traitement en général sans risques de complications. 

Il ajoute que l'essentiel est de savoir qu'ils peuvent arriver, d'avertir le patient avant la chirurgie et de faire de son mieux en tant que chirurgien pour les éviter.

Selon lui, à l’exception des enfants, n'importe qui, à condition de le faire pour les bonnes raisons, peut subir une opération de chirurgie esthétique s'il n'y a pas d’antécédent médical sous-jacent qui empêcherait qu’elle puisse être exécutée en toute sécurité.

Son travail va de pair avec l’intégrité, et il essaie de parler à ses patients pour s'assurer qu'ils ne modifient pas leur corps pour des motifs imprudents.

« Étrangement, certaines personnes peuvent vouloir subir une chirurgie esthétique pour tenter de renouer une relation brisée ou en voie de l'être. C'est la pire raison pour vouloir modifier son corps et si je le détecte lors de ma conversation avec un patient potentiel, je fais tout pour éviter de faire cette intervention. »

L'avenir de la chirurgie plastique 

En tant que premier chirurgien plasticien au Rwanda et à présent l'un des deux sur place, le Dr Furaha dit qu'il ne peut pour l'instant se permettre de se spécialiser dans un domaine spécifique de la chirurgie plastique. Il fait un peu de tout pour pouvoir répondre à la variété des besoins de ses différents patients. 

Ce n'est que lorsque le pays aura des dizaines de chirurgiens plasticiens qu'ils pourront affiner leur champ d'expertise dans les différents domaines de la chirurgie plastique.

En termes d’avancement pour cette profession, il espère vraiment que l’ingénierie tissulaire deviendra une chose courante à l’avenir et que les gens pourront faire pousser des parties du corps à partir de leurs propres cellules dans les laboratoires. 

« Cela donnera l’occasion de remplacer les parties du corps perdues ou malades par des parties issues de culture qui seront 100% compatibles avec le corps du patient. »

Par Donah Mbabazi   dmbabazi@newtimesrwanda.com




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