Saturday, August 15, 2020

L'histoire d'un chirurgien sur l'impact gratifiant de la chirurgie plastique





Chaque matin, le Col Dr Charles Furaha se réveille avec le désir de changer encore une autre vie.

En tant que chirurgien plasticien, il a eu à faire de la restauration, de la reconstruction et de l'altération du corps humain. Les cas dont il s’occupe sont entre autres les abdominoplasties, les liposuccions, les réductions mammaires, la thermocoagulation des points noirs du visage, etc…

Il fait cela depuis neuf ans, et prendre soin de ses patients et les voir contents est ce qui le soutient dans l’exercice de cette profession perplexe. 

Col. Charles Furaha :

« Rendre les gens heureux grâce à la chirurgie est très gratifiant et contribue beaucoup à rendre mon travail et ma vie plus faciles et plus réjouissants. »

Devenir chirurgien

Dr Furaha a adoré la chirurgie dès sa formation de premier cycle et il attribue cette passion à son intérêt pour la construction et la fabrication d'objets avec ses mains depuis son jeune âge.

Dr Furaha est le premier chirurgien plasticien au Rwanda. Photo offerte gracieusement.

Il pense que c’est le mélange en lui d’une dose d’ingénierie et d’art dans son esprit et l'amour pour la chirurgie qui l'ont attiré vers la chirurgie plastique comme profession.

« J'ai réalisé que c'était la spécialité qui correspondait le mieux à ma personnalité. »

Le chirurgien a reçu sa formation à l'Université du Witwatersrand, en Afrique du Sud et travaille maintenant à plein temps à l'hôpital militaire du Rwanda.

Bien que la chirurgie plastique soit encore une chose relativement nouvelle au Rwanda, le médecin affirme qu'elle a jusqu'à présent été très bien accueillie par ses collègues et de nombreux patients car elle a apporté des réponses à de nombreux besoins jusqu'alors non satisfaits.

Actuellement, plus de 95% des actes chirurgicaux qu'il effectue sont des procédures de reconstruction (une opération visant à corriger une anomalie ou une déformation).

         Dr Furaha (C) lors d'une opération la semaine dernière. Photo offerte gracieusement

Il fait également des opérations de chirurgie esthétique, mais il précise qu’elles sont encore peu nombreuses, bien qu'il espère pouvoir en faire un peu plus dans un avenir proche. 

« Parmi les chirurgies reconstructives que je pratique, la plupart d'entre elles concernent le traitement des plaies difficiles, des brûlures, des fentes labiales et palatines, la reconstruction des parties du corps excisées par les chirurgies cancéreuses ou les blessures post-traumatiques », révèle-t-il.

Son opération la plus difficile à ce jour consista à réimplanter une main coupée par une machine. Il lui fallut plus de 12 heures pour le faire.

Alors que reconstruire un corps humain est risqué, le médecin soutient que pour assurer de bons résultats, il faut de la précision et un dévouement à la perfection.

« Reconstruire le corps de quelqu'un n'est pas plus risqué que tout autre type de chirurgie majeure. Comme dans n'importe quel domaine de la vie, pour obtenir d'excellents résultats, il faut planifier à l'avance, savoir ce qu'on fait et avoir la volonté de le faire de son mieux », note-t-il.

La chirurgie plastique est plus qu'une tendance 

Les gens souhaitent toujours paraître aussi avantageusement qu’ils le peuvent pour de nombreuses raisons. Parfois même pour des raisons auxquelles beaucoup de gens ne penseraient pas, comme se donner les meilleures chances de garder leur emploi le plus longtemps possible, explique le chirurgien.

Dr Furaha pense que si la chirurgie plastique consiste davantage à donner une belle apparence à une personne, elle la redynamise et lui donne confiance en elle-même.

« Comment pensez-vous qu'un garçon à la poitrine mamellée se sent ? À quel point se sentirait-il revigoré si la possibilité lui était offerte de subir une intervention chirurgicale qui lui donnerait la même poitrine plate que ses semblables ? Les malformations congénitales et acquises peuvent être très stressantes pour un être humain. Les corriger s'accompagne généralement d'un soulagement et d'une satisfaction pour le patient », dit-il.

« Le nec plus ultra pour moi c’est la correction des fentes labiales. La majorité des enfants ayant une fente labiale non corrigée n'iront pas à l'école et même s'ils y vont, le risque est grand qu’ils la détestent et n’arrivent pas à étudier comme il faut à cause des brimades des autres écoliers. Chaque fois que je corrige la fente labiale d'un bébé, je sais que je lui délivre un passeport pour aller à l'école ainsi qu’une opportunité d'être le meilleur qu’il ou elle puisse être dans son avenir. C'est dopant ! Soit dit en passant, les actes chirurgicaux sur les fentes labiales et palatines sont gratuits pour les patients à l'hôpital militaire du Rwanda. »

Selon le docteur, les interventions chirurgicales esthétiques les plus populaires dans le monde sont l'augmentation mammaire, la liposuccion, l'abdominoplastie, le remodelage du nez et la vaginoplastie.

Le médecin encourage ceux qui souhaitent subir ces opérations de faire le pas et leur assure des tarifs abordables pour le service. Il affirme que le coût de ces chirurgies est assez similaire à celui des opérations pratiquées dans d'autres domaines de la chirurgie. 

« Les gens pensent à tort que la chirurgie plastique est très chère uniquement à cause du battage médiatique qui l'entoure dans l'industrie du showbiz. Même aux États-Unis, les neurochirurgiens, les chirurgiens orthopédistes et les cardiologues sont susceptibles de gagner plus que les chirurgiens plasticiens. »

Les effets secondaires possibles

Les cicatrices chirurgicales sont très courantes en chirurgie plastique et peuvent parfois mal tourner. Néanmoins, le médecin souligne qu'il n'y a pas de chirurgie ou de traitement en général sans risques de complications. 

Il ajoute que l'essentiel est de savoir qu'ils peuvent arriver, d'avertir le patient avant la chirurgie et de faire de son mieux en tant que chirurgien pour les éviter.

Selon lui, à l’exception des enfants, n'importe qui, à condition de le faire pour les bonnes raisons, peut subir une opération de chirurgie esthétique s'il n'y a pas d’antécédent médical sous-jacent qui empêcherait qu’elle puisse être exécutée en toute sécurité.

Son travail va de pair avec l’intégrité, et il essaie de parler à ses patients pour s'assurer qu'ils ne modifient pas leur corps pour des motifs imprudents.

« Étrangement, certaines personnes peuvent vouloir subir une chirurgie esthétique pour tenter de renouer une relation brisée ou en voie de l'être. C'est la pire raison pour vouloir modifier son corps et si je le détecte lors de ma conversation avec un patient potentiel, je fais tout pour éviter de faire cette intervention. »

L'avenir de la chirurgie plastique 

En tant que premier chirurgien plasticien au Rwanda et à présent l'un des deux sur place, le Dr Furaha dit qu'il ne peut pour l'instant se permettre de se spécialiser dans un domaine spécifique de la chirurgie plastique. Il fait un peu de tout pour pouvoir répondre à la variété des besoins de ses différents patients. 

Ce n'est que lorsque le pays aura des dizaines de chirurgiens plasticiens qu'ils pourront affiner leur champ d'expertise dans les différents domaines de la chirurgie plastique.

En termes d’avancement pour cette profession, il espère vraiment que l’ingénierie tissulaire deviendra une chose courante à l’avenir et que les gens pourront faire pousser des parties du corps à partir de leurs propres cellules dans les laboratoires. 

« Cela donnera l’occasion de remplacer les parties du corps perdues ou malades par des parties issues de culture qui seront 100% compatibles avec le corps du patient. »

Par Donah Mbabazi   dmbabazi@newtimesrwanda.com




Tuesday, June 16, 2020

Les deux tours de Babel, Octobre 2001

https://www.liberation.fr/tribune/2001/10/03/les-deux-tours-de-babel_379055

Burundi.Faut-il se laisser séduire par "Hélène et les garçons" ? Février 2005

https://www.courrierinternational.com/article/1998/05/06/faut-il-se-laisser-seduire-par-helene-et-les-garcons

Pierre Nkurunziza ou le CNARED : Le Burundi entre deux suffisances, Septembre 2015

Depuis sa mise sur pied, le Conseil National pour le Respect de l'Accord d'Arusha et de l'État de Droit au Burundi (CNARED) communique et agit comme s'il ne s'adressait exclusivement qu'à une audience d'opposants acquis de manière aveugle au départ sans conditions de Pierre Nkurunziza de la présidence de la République. Invariable, le discours de ce Conseil s'enroule et s'enchaîne autour de l'unique pilier de l'inconstitutionnalité du troisième mandat présidentiel, squatté par Pierre Nkurunziza. Depuis le 26 août, fidèle à sa logique d'opposition très rhétoricienne, cette opposition ne tient d'ailleurs même plus ce dernier comme président de la République du Burundi.

Tranquille et insoucieux, le CNARED ne semble rien entreprendre qui démontre qu'il soit conscient qu'en face de lui, le public, y compris parmi les adversaires de Pierre Nkurunziza, forme un spectre éclectique d'individus et de groupes, de par leurs positions, leurs intérêts et leurs états d'âme. Plusieurs des sympathisants du CNARED se repaissent des discours et des déclarations contestataires de Léonard Nyangoma, Jérémie Minani et autres porte-voix de l'opposition. L'oreille cousue à "la Voix de l'Amérique" et à la "Radio Inzamba", ils se rechargent à l'actualité nourrie de la violence répressive du régime, des revers et des impairs de sa diplomatie et des imprécations périodiques du Conseil, monté de bric et de broc avec des acteurs issus des partis d'opposition et de la société civile. Hier, les masses lancées dans la contestation de rue se recrutait dans ce vivier. La verve légaliste et hargneuse de l'opposition galvanisait la troupe, l'envoyant chaque jour au casse-pipe et, pour près d'une centaine d'entre eux, à la mort. Les reporters de presse filmaient, photographiaient, interviewaient, transportant leur témérité et leur cause aux quatre coins d'un monde solidaire. Le discours public de l'opposition politique burundaise, taillé pour la presse, donc simple, ponctuait ces reportages et la méthode fit recette. Mais aujourd'hui, ceux qui bravaient dans la rue des policiers tirant à balles réelles, se sont tassés sous la lourde chape de plomb coulée par l'appareil répressif. D'autres poursuivent le combat en mode incisif et satirique derrière leurs claviers, à travers les réseaux sociaux. L'actualité burundaise s'étant vidée de ses récits épiques, la presse internationale s'est déployée sur d'autres fronts plus mouvementés. La presse privée nationale est muselée. Mais le discours des partis d'opposition politique, lui, reste inchangé, toujours aussi simplet, comme s'il s'adressait toujours à une presse qui n'est pourtant plus là ou aux manifestants, qui ont déserté les rues.

Il est difficile d'imaginer le CNARED devenir le fer de lance d'un mouvement qui parviendra efficacement à rapprocher le Burundi d'une solution pacifique et consensuelle tant qu'il aura si peu d'égards envers :

1) les supporters et les 1.961.510 électeurs présumés (statistiques officielles) de Pierre Nkurunziza, eux-mêmes partagés entre, (a) d'un côté, les écorchés vifs des longues dominations et répressions tutsi (1972, 1988, 1993-1996), constamment dans leurs tranchées à guetter et à voir en tout mal, d'où qu'il surgisse, les agressions fatales d'une "minorité nostalgique et revancharde", et (b) de l'autre, des citoyens modérés ou passifs et retournables ;

2) les Burundais hostiles à la reconduite de Pierre Nkurunziza mais soucieux de ne pas être instrumentalisés par une opposition, opportuniste et peut-être elle-même en partie sectaire, qui n'a absolument rien démontré de la valeur ajoutée potentielle qu'elle représente pour un Burundi post-Nkurunziza meilleur, avec ou sans le CNARED, avec ou sans le CNDD-FDD;

3) les chancelleries occidentales et les institutions intergouvernementales politiques ou financières sous leur influence (ONU, Union Européenne, Banque Mondiale, FMI, etc.) : Dans une sous-région fertile en dépassement de mandats présidentiels, elles se retrouvent coincées entre les contradictions de leurs positions et leur antipathie à l'égard d'un homme, Pierre Nkurunziza qui, sur le plan des attitudes et des aptitudes personnelles, représente à leurs yeux l'antithèse du leadership moderne, qu'il soit de l'école de la démocratie ou de celle du développement. Ces chancelleries rejoignent les Burundais perplexes sur l'alternative que représente cette opposition qui ne propose aucune voie de compromis bancable. Disposées au compromis entre Burundais, elles veulent vite remettre sur selle une coopération sans avoir de rattrapage coûteux à faire sur des concurrents bilatéraux, telle la Chine qui ne s'épuise pas en considérations byzantines pour rempiler avec les pouvoirs établis, fussent-ils bien ou mal réélus ; 

4) la diplomatie continentale et régionale africaine qui, faute d'habilitation à donner des leçons en matière de respect des Constitutions, attend désespérément des propositions de résolution du conflit tirées ou inspirées des théories consociationalistes, développementalistes, etc.

Après s'être obstiné à forcer son passage vers les élections et son maintien au pouvoir, Pierre Nkurunziza se retrouve aujourd'hui dans un isolement diplomatique sans précédent dans les annales du Burundi. Qu'à cela ne tienne, il double les promesses mirifiques de développement, malgré des capacités à mobiliser des ressources qui s'annoncent plus compliquées que jamais. Face à lui, le CNARED s'enferme dans son Église du réveil, ensommeillante, sur l'inconstitutionnalité du mandat de Pierre Nkurunziza. Occupé à répéter en boucle l'illégalité du mandat et de la position officiels de Pierre Nkurunziza, le CNARED a tort de se croire lui-même dispensé du devoir de convaincre de sa propre légitimité. Pour l'heure, sa "vision" du changement semble être limitée à celle qui doit impérativement se faire sur le trône. Son appel au changement, à "l'alternance" prend dès lors les airs d'un appel à une simple rotation des privilèges. 

Au-delà de la rhétorique juridique et du réquisitoire sur les violations des droits de l'homme - qui n'émouvront pas le médiateur ougandais, Yoweri Museveni, vétéran des mêmes pratiques - le "livre blanc" du CNARED contre le régime du CNDD-FDD est précisément blanc. Entre, d'un côté un Pierre Nkurunziza, isolé et obstiné dans sa marche solitaire, et de l'autre, un CNARED, figé dans une position qui ne lui vaut que le soutien d'inconditionnels sans apport de dividendes, le Burundi patauge. Quoi qu'ils clament, Pierre Nkurunziza et ses associés savent que leur position confine le pays dans l'impasse et des régressions en tous genres. Le CNARED, lui, n'a pas l'air de se rendre compte des impasses de son jeu et de son propre isolement. Tout se passe un peu comme s'il s'était convaincu, à tort, qu'il est automatiquement renforcé chaque fois qu'un nouveau fait d'actualité vient affaiblir la position de Pierre Nkurunziza. 

Dans la spontanéité des protestations de rue des mois de mai et juin 2015 et la répression brutale et médiatisée qu'elles entraînèrent, des voix s'élevèrent de tous les continents pour demander, une nouvelle fois, à Pierre Nkurunziza de renoncer à sa candidature pour un troisième mandat présidentiel. Les partis d'opposition, par rejet sincère du "système DD" ou par pure opportunisme, saisirent la balle au bond, réclamant à tue-tête le renoncement de Pierre Nkurunziza. La stratégie de l'opposition s'enraye à ce stade depuis plus de 120 jours. 

Pour espérer fédérer au-delà des auditeurs dévoués de "radio Inzamba" et des artilleurs de Facebook et Twitter, les ténors du changement devraient davantage s'affirmer en source de vision et en force de proposition, si tant est qu'ils aient une vision et des propositions à faire. Ils devraient s'efforcer de donner un contenu clair et détaillé à l'agenda qu'ils proposent pour le dialogue politique, qui aille au-delà du simple départ de Pierre Nkurunziza. 

Les dix années de pouvoir de ce dernier laissent derrière lui une nébuleuse informe de citoyens aujourd'hui divisés sur des clivages factices. Les acteurs prétendant représenter une alternative crédible à Nkurunziza doivent prouver à leurs concitoyens leurs connaissances et leur compréhension des défis et des épreuves de leur quotidien. Mieux, ils doivent les convaincre qu'ils peuvent sortir du fatalisme et de l'immobilisme auxquels on les accoutume et résigne, ce en les éveillant au potentiel en eux-mêmes pour défier les problèmes qui s'abattent sur eux, d'un bout à l'autre des journées, des mois, des années et des générations. Des acteurs déterminés à porter ce changement doivent prouver leur capacité à construire et articuler clairement leur vision spécifique des changements et des mesures politiques et économiques spécifiques nécessaires pour le Burundi. Ils doivent aussi pouvoir déconstruire avec la même clarté les impasses et les perversions rédhibitoires du régime qu'ils combattent. Gagner leur légitimité commence par cette communion dans la vie du peuple au nom duquel ils prétendent vouloir prendre le pouvoir. En ultime étape, elle doit impérativement se consacrer dans les urnes. Le dialogue, prôné par tous (Union Africaine, EAC, ONU, etc.), doit se construire autour d'un énoncé clair des pratiques et des systèmes de gouvernance à mettre sur place et des mesures transitoires et conséquentes à prendre pour que le quotidien de l'État et des citoyens burundais eux-mêmes soit rapidement affranchi des pratiques obscures qui minent tout. Elles désagrègent jusqu'aux conditions d'un scrutin qui donne réellement le libre choix aux Burundais de donner leurs voix aux députés, aux sénateurs et au Chef de l'État qui offrent à leurs yeux le plus de garanties d'une vie et d'une citoyenneté meilleures. Tout cela est-il possible dans un compromis politique qui sauve la face de chaque partie ?

Burundi : Exproprier, un marché lucratif ? Juillet 2015

En 2012, J.T. s'est fait exproprier une parcelle par l'Etat pour permettre la construction d'un nouveau palais présidentiel à Gatunguru, au Nord de Bujumbura. Après une lutte vaine pour empêcher l'expropriation, elle se résigna à accepter le paiement d'une indemnité, calculée sur base d'un tarif dérisoire au mètre carré. A une étape avancée du processus de paiement, un cadre de la direction générale de l'Urbanisme chargé des opérations de compensation/indemnisation la trouva à son domicile pour lui proposer une accélération de la procédure en contrepartie d'un bakchich. J.T. refusa tout net : "Vous me donnez une indemnité de misère. A présent, je dois la partager avec vous ?" Un mois plus tard, elle apprenait que son indemnité avait été versée à quelqu'un d'autre "par erreur". De surcroît, les services de l'Urbanisme, responsables de l'erreur, lui demandèrent de courir elle-même après l'individu ayant encaissé son dû afin de le récupérer ! 

Finalement, le gouvernement admit son "erreur" et cette année 2015, il a voté un budget avec un litera pour indemniser les derniers cas non réglés d'expropriation sur le site de Gatunguru, dont celui de J.T. Générosité ? Mercredi 29 juillet 2015, J.T. se présente au service de la comptabilité de la Direction générale de l'Urbanisme, au bureau n° 615 du 6ème et dernier étage du bâtiment qui abrite le Ministère : "Je m'appelle J.T. et je viens réclamer mon dû." L'agente du service comptable est abasourdie. "Vous avez dit que vous êtes qui ?" J.T. répète son nom. Là-dessus, la représentante du Ministère se tourne vers une autre dame, XY, assise dans la même pièce : "Et vous, vous êtes qui encore ?". Sa carte d'identité indique qu'elle porte le même nom que J.T, qu'elle a un père et une mère aux mêmes noms que ceux de J.T. Ce n'est pas tout. XY détient même tous les documents (extrait du plan cadastral de la propriété expropriée, lettres au Ministre, lettre du Ministre, lettre du Procureur, etc.) que J.T. avait remis au Ministère. Au bout de quelques questions posées à son endroit par la préposée du Ministère, XY, perdue dans le fil tortueux de ses mensonges improvisés, finit par s'emmurer dans un silence coupable, consciente de l'impasse. Elle détient une fausse carte d'identité qu'elle a fait fabriquer dans le seul but de percevoir une indemnité réservée à quelqu'un d'autre. Manifestement, elle a obtenu les documents de J.T. avec la complicité de quelqu'un du Ministère qui y a accès. Sur place, le service de comptabilité tranche en faveur de J.T. Mais J.T. ne sait toujours pas si un jour, elle se fera payer cette indemnité, si les ressources budgétisées pour l'indemniser ne tomberont pas en annulation à la révision budgétaire, si la procédure ne sera pas de nouveau détournée vers le compte de quelqu'un d'autre ou si quelqu'un du Ministère viendra encore lui demander un bakchich pour l' "aider". 

Une "petite erreur" peut cacher un mal beaucoup plus profond ...

Les années passent et l'Etat burundais a de moins en moins de terres. Depuis l'époque coloniale, personne n'a jamais tenu de compte à jour et précis des terres de l'Etat distribuées. Nul ne saurait dire quelle superficie totale des terres de l'Etat a été abusivement allouée, à qui, pourquoi. Un inventaire fait en 2001 estimait à seulement 141.445 hectares la superficie des terres de l'Etat encore libres et habitables. C'est approximativement la superficie de la province de Karusi. Qu'en reste-t-il, 14 ans plus tard, en 2015 ? Pour construire des routes, des écoles, des hôpitaux, des barrages, des lotissements résidentiels pour une population en croissance constante, cet Etat recourra de plus en plus souvent à l'expropriation, faute de terres dans son patrimoine. Il y aura de plus en plus de victimes et cela coûtera de plus en plus cher au contribuable burundais. Entre 2006 et 2012, le montant des crédits votés par l'Etat burundais pour indemniser les personnes expropriées a été multiplié par neuf (de 0,5 à 4,5 milliards FBu) ! C'est une raison plus que suffisante pour que la procédure d'expropriation soit gérée avec le plus de transparence et d'équité possibles. 

Au-delà du préjudice individuel subi par J.T., c'est ce qu'il indique comme permissivité et corruption chronique du "système" qui préoccupe. Si des "erreurs" comme celle subie par J.T. ont été rendues possibles, cela veut dire que bien d'autres similaires pourraient avoir été commises avant et continuent sans doute à l'être. En effet, jamais une explication crédible n'a été donnée pour expliquer l'erreur dont a été victime J.T. Pourtant, des mesures claires, simples et non coûteuses sont prévues dans la loi pour la procédure de paiement des indemnités, ce précisément afin d'empêcher les fraudes les plus grossières. Quand de telles procédures sont ignorées, elles ouvrent à des risques immenses de fraude. Si de surcroît, ignorer ces procédures est sans conséquence administrative ou pénale pour l'auteur, alors la suite est simple et prévisible. La procédure devient ignorée de manière délibérée et répétitive pour faire du profit illicite. Une usine à pomper les fonds publics sur le dos de personnes - déjà victimes d'expropriation - peut se mettre en place. Chaque année, les expropriations représentent, en indemnités, des centaines de millions voire des milliards de francs qui vont sur des comptes en suivant une procédure entachée d'opacité et d'irrégularités, comme le cas de J.T. le démontre. Sur 100 victimes d'expropriation, combien touchent entièrement leurs indemnités ? Combien les partagent avec des fonctionnaires véreux ? Combien de personnes perçoivent des indemnités pour des expropriations qu'elles n'ont jamais subies tandis que d'autres, comme J.T., attendront en vain d'être payées ? Comment le savoir ? Tant que le gouvernement burundais restera sourd aux appels à la transparence, de telles erreurs pourraient être répétées pour des années encore, délibérément. C'est pourtant le même gouvernement qui, ces sept dernières années, a accompli des avancées importantes dans les politiques foncières proclamées et les lois édictées. Mais toutes celles qui impliquent des concessions sur son système patrimonialiste occulte sont systématiquement sabotées.

Le fait est que personne ne semble soucieux de faire appliquer le code foncier dans ses exigences de transparence. La loi foncière (article 437) prévoit par exemple qu' "un répertoire général des terres expropriées et leur destination est dressé et conservé par l’autorité compétente". En quatre ans d'entrée en vigueur, jamais un tel répertoire n'a été publié. Qui va agir ? La société civile ? Depuis plus de cinq ans, des associations réclament plus de transparence dans le processus de gestion des expropriations, en vain. L'Ombudsman ? Face aux contentieux de plus en plus lourd des expropriations, il a lancé dans son rapport annuel de 2012 un appel afin que l'Assemblée nationale joue un rôle de contrôle de l'action gouvernementale en matière foncière qui soit plus préventif. Lui-même n'a pas été écouté. Jamais l'Assemblée nationale n'a commandité d'enquête, convoqué le Ministre en charge des Terres sur sa gestion globale du foncier. Les partis politiques d'opposition ? Bien que la question foncière soit un enjeu crucial au Burundi, aucun d'entre eux n'a jamais livré un diagnostic de la situation et des défis du secteur foncier, ni articulé une vision et un plan qui démontrent une bonne connaissance des expériences et des projets en cours et des corrections ou redressements qu'ils appellent. Plusieurs ténors de cette opposition sont même des prédateurs fonciers qui ont largement profité des largesses des systèmes antérieurs ! Qui alors ?

Avec un peu de chance, J.T. aura son dû, juste parce que le hasard a fait qu'elle se soit retrouvée dans le même bureau que son usurpatrice d'identité. Si elle est indemnisée, son ancienne propriété aura donc fait l'objet de deux paiements puisque celui qui, en 2012, reçut l'indemnité à sa place n'a jamais remboursé un franc au Trésor public. Personne n'enquêtera non plus pour identifier le fonctionnaire ou le réseau de fonctionnaires qui s'est peut-être construit pour prélever annuellement un pourcentage des centaines de millions des crédits d'indemnisation. Si J.T. obtient son dû, on dira qu'il n'y a pas eu mort d'homme, que son droit aura été respecté. Faute de défenseurs, les droits de l'Etat burundais, eux, seront passés par pertes et profits : ignorés, abandonnés !

Pendant ce temps, à Bujumbura, les échoppes ferment moins tôt. Le ronronnement des moteurs de véhicules et des groupes électrogènes se prolonge plus tard dans la soirée. Même les veillées funèbres concèdent davantage de temps à la solidarité aux morts, sous la malveillance de la nuit. Des boîtes de nuit rouvrent. Avec un peu de chance, peut-être que bientôt nous n'entendrons même plus de coups de feu ou d'explosions. Il n'y aura plus ni morts ni blessés par la violence politique. Hélas, le retour à la normalité, ce ne sont pas que ces signes ostensibles. Une autre "normalité", la mauvaise gouvernance, moins bruyante, toujours aussi dévastatrice, persiste à avancer, sans se laisser perturber ni par les manifestations de mai-juin 2015, ni par les élections de juin et juillet de la même année. Un processus électoral conduit avec respect pour ce qu'il aurait véritablement dû être, sans hold up, aurait pu être un tournant pour changer la réalité de cette mauvaise gouvernance, y compris par un CNDD-FDD requinqué par un nouveau leadership. Il n'en sera rien. Un simple jeu de chaises musicales : quelques nouvelles figures pour badigeonner les petites plaies. Le cancer de la corruption, lui, va métastaser. Quand J.T. se fait usurper son identité deux fois en trois ans pour se faire voler son indemnité d'expropriation, le Burundi, lui, se fait escroquer ses intérêts une fois tous les cinq ans, par des élections sans plus-value. L'UPRONA a gagné des élections. Le FRODEBU a gagné des élections. Le CNDD-FDD a gagné des élections. Quand est-ce que le Burundi gagnera une élection ?

Gael Faye, Petit Pays

On dit que l’avenir d’un pays est déterminé par la grandeur ou la petitesse de celui qu’il prépare pour ses enfants. Alors préparez-vous à vous faire (re)tourmenter par l’avenir du Burundi en lisant « Petit pays », première œuvre littéraire de Gaël Faye. Suivez les vicissitudes d’un bout de vie d’un bout d’homme, Gabriel (« Gaby »), dix ans, personnage central du roman. Spectateur impuissant de la désunion de ses parents puis de la descente de son pays dans l’enfer de la guerre civile, Gaby fait ricocher son regard hagard sur un monde qui se désagrège autour de lui. Désemparé, il l’est davantage quand, dans les démences de sa désintégration, ce monde le presse précocement à des dilemmes et des choix traumatiques pour un préadolescent : Papa ou maman ? Hutu ou Tutsi ? Tuer ou être tué ? Reprendre ou donner ? Se taire ou dénoncer ? Se battre ou se cacher ? Être ou paraître ? Aimer ou être aimé ?

Récompensé par le « Prix du Roman FNAC 2016 », « Petit pays » est une ode à l’innocence de l’enfance. Dans le fouillis de la rentrée littéraire de septembre dernier, « Petit pays » a conquis sa place sous les feux de la rampe par l’art consommé de l’écriture de Gaël Faye et ses choix ingénieux de scènes et d’« angles de prise ». Du prologue à son épilogue, le roman fait infuser dans nos consciences les tournures d’esprit pures d’un enfant qui ne demande qu’à l’être, dans ses gentillesses sans double-fond, dans ses vagabondages puérils. Avec l’humilité, la candeur et la perspicacité de son âge, Gaby raconte les plaisirs et les espiègleries de ses incartades en bande, à Kinanira. Il partage ses haut-le-cœur et sa perplexité sur les adultes et ses camarades glandeurs quand ils le soumettent à des sollicitations insidieuses et perfides. 

Né d’une mère rwandaise réfugiée, en quête frénétique de stabilité, d’un père français jouissif dans l’aventure, Gaby est le témoin régulier de leurs incompatibilités, de leurs querelles et de leurs fréquents replâtrages d’union. Comme pour tenter de comprendre "l’amour", qui vole en éclats entre ses parents sous ses yeux, Gaby en fait le démontage et le réassemblage, comme l'on ferait d'un jouet, en se lançant dans une candide relation épistolaire avec une écolière inconnue de France. Quant au « petit pays », il observe le prolongement de ses clivages et de sa fracture dans le microcosme du personnel de la maison familiale et de l’entreprise de son père.

Pour certaines revues littéraires, le roman de Gaël Faye emprunte largement à l’autobiographie. Qu’à cela ne tienne, pour nous, enfants du « petit pays », le roman, ses récits et sa galerie de personnages éveillent des souvenirs tendres, aigres-doux et amers de ces années 1992-1994. Tout parle de nous. Vous vous y retrouverez. Vous vous y reconnaîtrez. Vous reconnaîtrez vos bourreaux si vous étiez victimes, vos victimes si vous jouiez aux bourreaux. A défaut, vous reconnaîtrez vos choix devant les mêmes dilemmes graves infligés au petit Gaby, auxquels personne ne pouvait échapper ni n'échappe encore aujourd’hui, hélas. Au premier contact, à la première description d’un personnage, vous anticiperez sa trajectoire, la guerre venue, comme aucun lecteur étranger ne saura le faire. 

Que « Petit pays » soit autobiographique ou pas, le fait est qu’il est biographique pour des millions d’enfants du Burundi, piégés entre les ravages du désamour et de la pauvreté dans les ménages d’un côté, de la violence et l’immoralité des affaires politiques de l’autre. « Petit pays » a fait grand bruit en France et dans la francophonie riche. Les échos de son succès se fracassent encore aux portes des bistrots et gargotes de Bujumbura qui brassent et diffusent la rumeur sur les mille collines du pays. Serait-ce en attendant que le mouflet se décide enfin à choisir son camp ?

Recension : Cyprien Mbonimpa, Mémoires d’un diplomate (1973-2006). Entre tourmente et espoir, Iwacu, 2016


A jeun ou pas, les deux cent dix-huit pages des « Mémoires » (2016) de Cyprien Mbonimpa, ancien Ambassadeur et Ministre des Relations extérieures du Burundi, se lisent facilement et rapidement. Ils sont racontés sous une forme de narration dense, riche en témoignages directs sur quelques événements importants de l’histoire politique du Burundi : l' "affaire Ntungumburanye" (procès politique de 1971), le cataclysme de 1972, le renversement du Président Micombero, l'avènement et la déchéance du Président Bagaza, la damnation du conflit de la décennie 1980 entre l’État et l’Église, la crise dite de Ntega-Marangara, la "politique d’unité nationale" lancée en 1988, la conférence de La Baule (1990) et le virage de la démocratisation (1990-1992), les élections générales et le drame de 1993, etc.. Tous ces événements, narrés dans un français propre et sans prétentions littéraires, Cyprien Mbonimpa en rapporte plusieurs moments vécus comme témoin et acteur de premier plan.

L’homme s'est fait connaître du grand public à sa promotion comme Ministre des Relations extérieures sous « la IIIème République » du Major Buyoya. Mais son livre ne manque pas non plus d’intérêt par le récit :

  • de ses premiers pas comme tout jeune fonctionnaire dans l'administration du Président Micombero, qui plus est dans les services de renseignement et dans le cyclone des événements tragiques de 1972 ;
  • de ses premières armes dans la presse nationale (sous le Parti unique) et dans la carrière de diplomate (Premier Secrétaire d'Ambassade à Bruxelles puis Ambassadeur à Paris) sous le Président Bagaza.

Ces « mémoires » abordent la carrière de l’auteur et les époques qu’elle a traversées sans manquer, à chaque étape et tournant clé, de vérifier, confirmer ou (le plus souvent) infirmer, tantôt des « rumeurs » tenaces répandues sur son compte personnel, tantôt des « thèses populaires » sur des événements politiques mémorables. Cyprien Mbonimpa semble particulièrement soucieux de se laver des accusations de trahison politique qu'il traîne derrière lui. Elles vinrent d'abord de l’ex-Président Bagaza et de ses proches, qui le tiennent pour fourbe, par le fait d’avoir réussi le tour de force – à leurs yeux invraisemblable - de passer sans transition du poste prestigieux d’Ambassadeur à Paris sous le Président Bagaza à celui de Ministre des Affaires étrangères sous le Président Buyoya. « Complot en vue du renversement des institutions » fut aussi le « crime » qui lui fut imputé par le gouvernement de Buyoya (1987-1993) qui le porta sur les plus hautes cimes de sa carrière avant de le disgracier. C’est sur l’ « infamie » des accusations de ce gouvernement, sur la peine et les blessures (prison) qu’elles lui causèrent qu’il s’épanche le plus, clamant son innocence, expliquant la lucidité politique, la nouvelle philosophie de vie et la foi qu’il en tira (sa réclusion à la prison de Mpimba le confina un temps à la lecture entière de la Bible). Pour se défendre de ces accusations, l’auteur avance des faits, des logiques et, avec le recul du temps, son opposition de principe aux putschs. Avec recul car paradoxalement, l’auteur témoigne aussi des démarches personnelles, sommaires mais intrigantes qu’il entreprit auprès des colonels Bagaza et Firmin Sinzoyiheba à des périodes différentes pour leur signifier ses encouragements en faveur d'un renversement militaire des pouvoirs des Présidents Micombero et Ntibantunganya.

L’Ambassadeur Cyprien Mbonimpa évoque les circonstances de ses changements de fonction, les rencontres gravées dans sa mémoire, pour ce qu'elles changèrent dans son destin, en bien ou en mal. Par endroits, il exhume des souvenirs pour le caractère comique, loufoque ou prémonitoire des situations qui se produisirent et qu'il relate. D’où l’abondance des anecdotes qui rendent à la fois plaisante et instructive la lecture de son livre. Ses hautes fonctions l’amenèrent à fréquenter les sommets de l’État. Le lecteur se délectera des esquisses de "psychanalyse" des Présidents Bagaza, Buyoya, Ntibantunganya, Ndayizeye et Ndadaye, avec lesquels il eut, pour les uns, des rapports de travail étroits, pour les autres des face-à-face occasionnels ...

Rompant avec sa vocation de « mémoires », le dernier chapitre du livre est consacré à la vision du futur, les credo et les espoirs de l’auteur pour la paix, le développement économique du Burundi et de sa région. Cette partie prospective fait un arrêt chronométré sur le conflit politique en cours au Burundi et sur les gouvernants actuels. Il ne les épargne pas de son regard critique mais les amadoue de conseils prodigués avec une plume révérencieuse, digne d’un diplomate habile et chevronné. Ce chapitre cassera l’entrain des lecteurs avides d’histoires et peu disposés à suivre l’auteur dans les circonvolutions de sa pensée sur la « Vision 2025 » du Gouvernement burundais et les nouveaux défis de l’intégration économique régionale au sein de la Communauté Économique Est-Africaine (EAC). Cette partie tendra aussi à créer ou consolider chez le lecteur le sentiment que les nombreux voyages, les innombrables rencontres, les bonheurs et les revers de sa carrière ont concouru à faire de l’auteur un homme lucide, accompli et apaisé, à l’esprit moderne, résolument tourné vers l’avenir, encore plein d’énergie et de projets.

En fin de compte, ces « Mémoires d'un diplomate" retracent la chronique des reliefs d'une carrière livrée au public avec un mélange buvable d’humilité et d’estime de soi, sans passions malsaines, avec un esprit manifestement apaisé par le temps et les épreuves. C’est une contribution sobre mais utile à l’écriture de l’histoire contemporaine du Burundi à laquelle, malgré tout, l’auteur doit davantage. Après un  parcours politique long, chargé d’illusions et désillusions, de fortunes et infortunes, Cyprien Mbonimpa a sans doute pris sa plume en partie pour exprimer sa gratitude envers les personnes, qu’il nomme, auxquelles il doit les plus belles pages de sa vie. Quant à ceux et celles qui trahirent sa confiance et son amitié et dont il préserve l'anonymat, il déclare les avoir fait passer par pertes et profits, sans rancune. Ainsi va la paix.